Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Allemagne/Suisse/Autriche


Déréglement des sens (Tu aurais dû t'en aller)

D'une taille d'une (longue) nouvelle, le récit de Daniel Kehlmann ressemble fort à un exercice de style, sous forme de conte horrifique. Le héros de Tu aurais dû t'en aller est scénariste, marié et père d'une fillette, qui profite de ses vacances dans une maison isolée à la montagne pour écrire. Sauf que entre deux disputes, avec sa femme, notre homme passe un séjour cauchemardesque marqué par des apparitions et des hallucinations. Une angoisse qui va crescendo alors que le lecteur ne peut que se fier aux écrits du narrateur, dont on demande si l'état mental n'est pas en passe de dévisser. Kehlmann maîtrise parfaitement les codes de l'horreur et laisse toute latitude à notre imagination : maison hantée ? faille spatio-temporelle ou dérèglements des sens d'un scénariste sous pression ? C'est efficace mais le tout est tempéré par une ironie mordante qui a pour effet de limiter notre peur (qui sera plus ou moins intense selon la sensibilité de chacun). Avis mitigé donc, malgré un style impeccable dans un texte où les phrases s'interrompent parfois en plein milieu.

 

 

L'auteur :

 

Daniel Kehlmann est né le 13 janvier 1975 à Munich. Il a publié une quinzaine de livres dont Les arpenteurs du monde et Gloire.

 


05/03/2021
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Grosse pomme extravagante (Baiser ou faire des films)

Femmes d'été et femmes d'hiver, c'est à peu près ainsi qu'aurait dû être traduit le nouveau roman de Chris Kraus, successeur du vertigineux La fabrique des salauds. Le titre choisi en français, Baiser ou faire des films, trivial et provocateur, est certainement plus évocateur mais bien moins poétique, mais il n'est pas complétement étranger à la tonalité du livre, si l'on veut bien le teinter d'ironie, sachant que son héros, Jonas, est fidèle à son amie tout au long du livre (quoique) et pour ce qui est de filmer, ses projets ont plutôt tendance à prendre l'eau. Néanmoins, dans cette aventure d'un apprenti cinéaste dans le New York des années 90, Jonas va beaucoup apprendre et avoir matière à s'étonner, au milieu de personnages plus pittoresques les uns que les autres. Maniant la fantaisie et l'absurde avec virtuosité, Chris Kraus plonge son principal protagoniste dans une marmite fumante au gré de rencontres baroques où l'esprit beatnik et bohème semble prévaloir, de même qu'une certaine attirance pour le mauvais goût. Jonas, en provenance directe de la vieille Europe, est un peu décontenancé par l'extravagance des habitants de la Grosse Pomme et sa candeur (relative) nous trace le chemin de manière sinueuse, nous faisant assez souvent éclater de rire. Sauf que, tout de même, le sujet de l'Holocauste est aussi terriblement présent à travers le personnage excentrique de la tante de Jonas, qui ne l'est pas vraiment, sa tante, mais a bien connu son grand-père, qui a sévi durant la deuxième guerre mondiale. Jonas ne veut absolument pas faire un nouveau "film à la con sur les nazis" et préfère réaliser un film sexuel sur les oreilles, dont l'intérêt n'est pas garanti. Quoi qu'il en soit, cette chronique d'un apprentissage singulier, si elle n'a pas l'impact traumatisant de La fabrique des salauds, confirme en partie le talent du romancier, connu jusqu'alors comme un cinéaste doué (Quatre minutes). Écrire ou faire des films, Chris Kraus aurait bien tort de choisir entre les deux activités.

 

Un grand merci à NetGalley et à Belfond pour l'envoi gracieux de ce livre.

 

 

L'auteur :

 

Chris Kraus est né en 1963 à Göttingen (Allemagne). Il a publié 4 livres dont La fabrique des salauds.

 


19/01/2021
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Tout commence en Palestine ottomane (Rachel et les siens)

Tout commence en 1917 à Jaffa, en Palestine ottomane, où Rachel, 12 ans, l’héroïne du dernier livre de Metin Arditi, grandit auprès de parents juifs séfarades et d'un frère de lait arabe. Une enfance heureuse qui est bouleversée par l’arrivée d’une sœur d’adoption : Ida, juive russe orpheline. La suite de Rachel et les siens ? Elle s'étend jusqu'à 1982, le récit se nourrissant des convulsions de l'Histoire, notamment celles d'Israël, et de péripéties nombreuses, pour l'héroïne du roman de Metin Arditi et ceux qu'elle aime passionnément, d'Istanbul à Paris, en passant par l'Amérique. Le livre assume son caractère foncièrement mélodramatique et très romanesque dans une fresque marquée par des ellipses audacieuses et de profonds portraits de femmes (les hommes sont en arrière-plan). Rachel, dont la passion est l'écriture de pièces de théâtre, est loin d'être un personnage unidimensionnel. Engagée et souvent enragée, son caractère ne souffre pas les compromissions mais aussi parfois les contradictions. Arditi va très loin dans l'étude psychologique de cette femme qui traverse le XXe siècle en usant parfois du mensonge pour ne pas blesser, au risque de perdre le précieux lien avec son pays et ce (ceux) qu'elle a toujours chéri. Il faut se laisser emporter par le mouvement continu et sentimental de la plume inspirée et d'une grande empathie de Metin Arditi, lequel, derrière le bruit et la fureur, semble rêver d'un Moyen-Orient apaisé où juifs, arabes et chrétiens vivraient en paix et en bonne intelligence.

 

Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset pour m'avoir permis de découvrir Rachel et les siens en avant-première (parution le 26 août).

 

 

L'auteur :

 

Metin Arditi est né le 2 février 1945 à Ankara. Il a publié 14 romans dont La fille des Louganis, Le Turquetto et Carnaval noir.

 


09/08/2020
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Voix de défunts (Le champ)

Après la parution du Tabac Tresniek et d'Une vie entière, le nom de l'autrichien Robert Seethaler est devenu synonyme de littérature poétique, tendre et mélancolique. Avec une grand économie de moyens, l'auteur réussit à évoquer des existences somme toute banales mais passionnantes quand on sait comme lui en tirer la quintessence humaine. Le champ, son dernier roman, a tout de l'objet conceptuel, ce qui n'étonne pas de Seethaler ni n'effraie a priori, avec des défunts qui prennent la parole à tour de rôle, tous originaires de la petite ville de Paulstadt. De quoi composer une tapisserie vivante, si l'on ose dire, d'une localité ordinaire mais riche de destins en tous genres, comme de bien entendu, tragiques, comiques ou simplement modestes et forcément touchants. Malgré quelques passages assez émouvants, Seethaler échoue malheureusement à relier entre eux les différents récits (30 sur 270 pages), assez hétéroclites, y compris dans le style, et racontant parfois une vie entière (c'est dans exercice que l'auteur est le meilleur, même sur un nombre de pages réduit), parfois des moments isolés, parfois des scènes anecdotiques, parfois des sensations ou des énumérations. Il y est question des circonstances de la mort des différents narrateurs mais pas toujours et il arrive même que certaines confessions soient totalement opaques. Ce que l'on regrette le plus dans Le champ, c'est le peu de connexions entre les différentes destinées, alors que la plupart des morts se sont connus, ne permettant assez que très peu d'approfondir la psychologie des personnages, à une ou deux exceptions près (le curé qui a mis le feu à son église). Difficile de considérer le livre comme un recueil de nouvelles mais ce n'est pas non plus un roman classique et linéaire. Plutôt un exercice de style auquel il manque une vraie unité, à partir d'éléments qui ne sont pourtant pas si disparates.

 

 

L'auteur :

 

Robert Seethaler est né le 7 août 1966 à Vienne. Il a publié 6 livres dont le tabac bresniek et Une vie entière.

 


29/01/2020
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Recyclage de monstres (La fabrique des salauds)

Chris Kraus : le nom de l'auteur de La fabrique des salauds rappelle aux cinéphiles un très joli film sorti en 2006 : Quatre minutes. Le réalisateur n'a pas cessé de tourner mais ses autres longs-métrages n'ont pas eu l'heur de trouver le chemin des écrans français, y compris l'un des plus récents, Die Blumen von gestern, dont le sujet impliquait des chercheurs enquêtant sur l'Holocauste. Ce thème semble être une obsession majeure pour Kraus, dont un grand-père a été SS. La fabrique des salauds, traduction peu littérale de Das kalte Blut (Le sang froid), a été d'abord une ébauche de scénario, comme le confie le romancier dans sa postface, de ce qui est devenu un livre monstrueux à tous les égards, et pas seulement pour son poids épousant ses presque 900 pages. Ce long monologue d'un vieil homme hospitalisé s'adresse, en 1973, à un hippie suintant d'amour et de bienveillance (cela ne durera pas) qui représente les innocents lecteurs que nous sommes et qui vont découvrir, esbaudis, les exactions et les mensonges d'un opportuniste, frère d'un nazi convaincu, dans les moments les plus sombres du XXe siècle. La fabrique des salauds vient après de nombreux livres qui ont décortiqué l'engrenage qui fait d'hommes "normaux" des êtres sanguinaires, haineux et sans morale mais cet aspect-là, aussi "spectaculaire" soit-il, n'est pas le seul du livre de Kraus dont la deuxième partie explique, et ce n'est pas le moins horrible, comme ces suppôts d'Hitler se sont aisément recyclés dans l'administration allemande de l'après-guerre, y compris dans les services secrets avec pour le héros du roman des collaborations avec la CIA, le KGB, et même le ... Mossad. Le livre est aussi le récit d'un terrible triangle amoureux entre deux frères et leur sœur adoptive, pendant de très longues années. Le narrateur est un monstre irrécupérable mais c'est aussi un homme doté de sensibilité et c'est tout l'art de l'auteur que de parvenir à nous plonger dans la psychologie d'un individu qu'on ne voudrait côtoyer pour rien au monde et qui fascine tout de même pour sa capacité de survie et d'adaptation. Par ailleurs, La fabrique des salauds est aussi un livre férocement drôle, voire burlesque, dont les longueurs, il y en a évidemment, s'oublient face à la puissance narrative dégagée par cette prose sans cesse en émulsion. Ce n'est pas un roman que l'on peut aimer au sens strict du terme mais dont le tour de force littéraire est de ceux qui forcent le respect.

 

 

L'auteur :

 

Chris Kraus est né en 1963 à Göttingen (Allemagne). Il a publié 4 livres.

 


04/01/2020
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La danseuse et le jardinier (La dame au petit chien arabe)

La dame au petit chien arabe offre au lecteur une parenthèse appréciable quand on lit plutôt des pavés, regorgeant de personnages et de tumulte. Le très court roman, presque une nouvelle, de Dana Grigorcea, native de Bucarest mais vivant en Suisse depuis plusieurs années et écrivant en allemand, est tout empreint de luxe, calme et volupté. Son héroïne, danseuse étoile à la vie mondaine très développée, s'ennuie quelque peu sur les bords du lac de Zurich et ce ne sont pas ses amants, de passage, qui lui rendent la vie vraiment plus passionnante. Jusqu'à ce qu'elle rencontre un jardinier kurde dont le regard ténébreux et la douceur vont la charmer et peut-être même la conduire sur les rives de la passion. Hommage discret à Tchekhov, La dame au petit chien arabe est une œuvre tout en délicatesse et en sensibilité qui prend son temps pour décrire des paysages enchanteurs et la psychologie d'une femme au charme évanescent. Une histoire de sentiments, joliment racontée, au caractère intemporel et sans coups de théâtres ni drames, qui s'évanouit en son dénouement à la manière d'un coucher de soleil sur le lac de Zurich. La promenade en compagnie de la danseuse et du jardinier était agréable mais ne laissera pas un souvenir autrement marquant.

 

 

L'auteure :

 

Dana Grigorcea est née le 11 novembre 1979 à Bucarest. Elle a publié 3 livres.

 


06/12/2019
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Le goufre de la mémoire (Nouvel an)

La science-fiction avec Corpus delicti, le thriller avec Décompression, la chronique urbaine avec Brandebourg : qu'importe le genre littéraire qu'elle aborde, Juli Zeh n'aime rien moins que de montrer le chaos sous le côté lisse des choses (façon David Lynch), d'un point de vue sociologique ou psychologique. Dans Nouvel an, l'un de ses livres les plus concis, elle explore le traumatisme d'enfance d'un homme bien sous tous rapports, confronté à d'inexplicables montées de tension qui l'entraînent dans un gouffre angoissant et sans fond. La romancière narre deux épisodes bien distinctes, à des époques de vie différentes pour le personnage principal de Nouvel an, mais dans un même lieu, à la fois radieux et inquiétant : l'île de Lanzarote. Juli Zeh nous installe quasiment dans le fauteuil d'un psychanalyste soumis au traumatisme aigu de son patient, lequel stagne comme eau croupie dans les tréfonds de sa mémoire. Et la position du lecteur est on ne peut plus inconfortable, l'auteure adorant semer le trouble et créer un malaise anxiogène qui culmine dans les pages où de jeunes enfants sont livrés à eux-mêmes pendant deux jours. Suspense garanti tout au long du livre mais ce n'est évidemment pas ce qui intéresse Jili Zeh au premier chef, avec son style clinique, d'une précision diabolique dans les détails. Non, ce qui la passionne, c'est de touiller dans les âmes de ses frères et sœurs humains et de pointer les dysfonctionnements et les fragilités. Ce n'est pas de tout repos mais le plus souvent passionnant.

 

 

L'auteure :

 

Juli Zeh est née le 30 juin 1974 à Bonn. Elle a publié 7 romans dont Corpus delicti, Décompression et Brandebourg.

 


28/09/2019
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Une femme anonyme (Olga)

Le premier tiers d'Olga, dernière traduction en date de Bernhard Schlink, est comme une vie en accéléré. Celle d'une femme qui a vécu dans l'ombre de l'histoire allemande : les ambitions coloniales, deux guerres mondiales, jusqu'au terrorisme des années 70. Une existence anonyme, dans la simplicité, rien d'une héroïne a priori. Sauf que Schlink, après avoir presque tout dit, semble t-il, change de focale dans les deux autres parties du livre et raconte Olga à travers quelqu'un qui l'a connu à l'automne de sa vie et s'est tellement intéressée à elle qu'il s'évertue à rechercher des lettres envoyées à l'homme de sa vie, égaré dans un voyage en terre inconnue. Ainsi, le portrait s'affine au fil des pages, devient plus intime et nous fait aimer cette femme de convictions, lucide quant à l'évolution dramatique de son pays et amoureuse éternelle d'un homme qui s'est perdu dans la fuite et n'a pas su voir que le bonheur était proche de lui et non dans des aventures aux allures de suicide. Le style de Schlink peut paraître froid, notamment dans toute la première partie du livre. Il est surtout clair et limpide, au service d'une architecture narrative d'une grande intelligence qui récompense le lecteur dans ses dernières pages avec l'émotion qui affleure et un joli pied de nez final, qui l'est aussi vis-à-vis de l'histoire de l'Allemagne.

 

 

L'auteur :

 

Bernhard Schlink est né le 6 juillet 1944 à Bielfeld (Allemagne). Il a publié 11 romans dont Le liseur, Le retour et La femme sur l'escalier.

 


09/02/2019
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Multiplication des doubles (La douce indifférence du monde)

Peter Stamm ne fait pas partie de ces auteurs qui tiennent leurs lecteurs en laisse ou en otage, comprenez par là qu'il n'impose pas une intrigue mais qu'il la conduit avec un certain flou qui autorise plusieurs interprétations et suscite avant tout la réflexion. Depuis L'un l'autre, l'auteur suisse semble avoir ajouté une nouvelle nuance à sa palette, jusqu'alors assez mélancolique et grave, celle du fantastique. Il serait d'ailleurs difficile de donner un résumé fidèle de La douce indifférence du monde tant cette histoire semble prendre constamment des échappatoires, au large du réalisme. Il y est question d'un homme, jamais remis d'une rupture amoureuse avec une comédienne, qui croit la reconnaître sous les traits d'une jeune femme, 20 ans plus tard. Ce n'est qu'un des aspects d'un récit où la notion de double se multiplie et où le narrateur (écrivain d'un seul livre) se demande si la vie qu'il croyait être la sienne se joue à nouveau avec d'autres personnages et même si l'a vraiment vécue, cette existence. Et si tout le livre n'était que la divagation d'un vieil homme ? Au jeu des si, le lecteur ne peut qu'éprouver un vertige délicieux que le style toujours aussi élégant de Stamm rehausse encore. Contrairement à la plupart des romans qui méritent d'être lus en plusieurs fois, pour les laisser infuser, La douce indifférence du monde doit se dévorer de bout en bout sans interruption pour s'imprégner du caractère très particulier de son onirisme et de son inaltérable tristesse. C'est ensuite que vient le temps de l'assimilation et d'une herméneutique spécifique à chaque lecteur. En définitive, une seule chose est évidente, Peter Stamm est un grand écrivain.

 

 

L'auteur :

 

Peter Stamm est né le 18 janvier 1963 à Münsterlingen (Suisse). Il anotamment publié Verglas, Sept ans et L'un l'autre.

 


17/09/2018
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Le Christ à 12 doigts (Carnaval noir)

Ne cherchez pas l'entrée Carnaval Noir dans wikipédia, elle n'existe pas. Pour la bonne raison que cette série de meurtres à Venise au XVIe siècle, décrite par Metin Arditi dans son dernier roman, ne s'est pas produite. Puissance de la fiction qui devient crédible quand elle est, comme dans Carnaval noir, basée sur un certain nombre de repères historiques et le mélange de personnages réels (Grégoire XIII, Copernic) et imaginaires. L'auteur suisse décrit son livre comme politique avant d'être un véritable suspense. Avec cette idée que toujours l'histoire bégaie et qu'à plus de cinq siècles de distance, les fanatismes de tous poils rôdent toujours avec la volonté d'imposer leur vision de la société, comme si les notions de bien et de mal leur appartenaient. A ces extrémistes, Arditi oppose l'amour de la culture, de la peinture et du latin, en l'occurrence, armes de compréhension massives. Ah, que l'on aimerait pouvoir admirer le tableau représentant Le Christ à 12 doigts qui est au coeur de l'intrigue de Carnaval Noir et permet d'éviter le pire ! Oui, le roman est rocambolesque, avec de nombreux cadavres laissés en chemin et une multitude de personnages qu'Arditi s'emploie à rendre le plus humain possible. On connaît sa dextérité et son talent mais ici son récit cavale vraiment à toute vitesse avec des chapitres ultra courts qui laissent à peine le temps de respirer. On a l'impression que le romancier confond parfois vitesse et précipitation à l'image de notre époque qui ne prend plus le temps de la réflexion et privilégie l'action. Un bémol pour un livre par ailleurs captivant et intelligemment construit.

 

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L'auteur :

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Metin Arditi est né le 2 février 1945 à Ankara. Il a publié 13 romans dont La fille des Louganis, Le Turquetto et L'enfant qui mesurait le monde.


24/08/2018
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